Et je fredonnais une chanson qui disait qu'avec le temps, avec le temps, va, tout s'en va. Et c'était d'un pathétique rarement atteint auparavant.
Tu avais été parfait. Parfait. Moi qui avais le cafard, tu m'avais remonté le moral. En quelques phrases, j'avais su que toi, tu aurais toujours des choses à me raconter. Et à me faire rire. Et que je t'aimais, t'aimais, t'aimais, qu'il n'y avait rien à se demander, que c'était toi, toi et rien d'autre.
J'avais eu le temps de réfléchir. De réaliser que tu étais sans doute le premier garçon que j'aimais vraiment, pour toi, ton rire, ton sourire, ta voix, ta démarche, et pas seulement parce que j'avais décidé que je serais amoureuse. C'était bien au-delà. Tu étais, avant même que j'ai pu m'en apercevoir, devenu une sorte de drogue, dont j'avais besoin pour ne pas déprimer, que j'aimais entendre, ce rire, et cette façon de finir mes phrases, et ce ton caressant que tu avais adopté hier, que je ne t'avais jamais connu, mais que j'avais aimé comme le reste.
Tu m'avais rassuré, tu m'avais fait rire. En fait, tu avais été là, et je n'en avais été que plus confortée dans l'idée que je t'aimais, et que maintenant, les choses iraient doucement, à leur rythme, mais que, comme dans le livre, le héro (toi) et l'héroïne (moi) finiraient ensemble, que ça ne pouvait pas se passer autrement.
Et puis tu l'avais dit. Cette phrase qui m'avait brisée. Et je ne pouvais même pas t'en vouloir, parce qu'il n'y avait rien, de toutes façons, que des choses que je savais déjà, et s'il se trouvait que tu ne l'avais pas évoquée la dernière fois, c'était sans doute que tu l'avais oubliée, tant elle apparaissait évidente à tes yeux. Pas aux miens. Tu sentis la gaffe, tu n'osas pas la comprendre, tu ris. Je ris aussi, que pouvais-je faire d'autre ?
Tu essayas de ne pas me quitter là-dessus, mais c'était trop tard, j'en pleurais presque, et je ne pouvais pas t'en vouloir, et, comme ignorant tout ça, je ne voulais pas me réveiller, comme quand on a fait un rêve trop beau et qu'on ne veut pas retourner à la réalité, et ma peine était d'autant plus forte que tu restais parfait, adorable, drôle et tendre, comme tu l'avais toujours été, si encore tu t'étais comporté en salaud ! Mais non, tout venait de moi. Il était normal que rien n'ait changé, puisque pour toi, en effet, tu ne t'étais pas rendu compte que quelque chose s'était transformé.
Alors, en temps normal, j'aurais dit que c'était la fin...
Mais on n'était pas en temps normal. Comme je l'avais dit, toi, je t'aimais pour toi, je ne pouvais pas t'abandonner et me dire que j'en retrouverais vite un autre. Parce que toi, tu étais unique. Alors, fièrement, je relevais la tête.
Prépare-toi, parce qu'un jour, je t'aurais !





